Définition
Un vendeur à découvert emprunte des actions, les vend, puis doit en racheter pour les restituer au prêteur. Si le cours de l’action grimpe fortement, le dénouement de cette position devient plus coûteux. Les vendeurs à découvert qui rachètent des actions pour limiter leurs pertes ou répondre à des appels de marge peuvent accentuer la demande et, parfois, pousser encore davantage le cours à la hausse. Cette boucle de rétroaction est appelée short squeeze.
Un squeeze peut concerner toute personne qui négocie l’action, pas uniquement les vendeurs à découvert : les cours peuvent varier rapidement, l’écart acheteur-vendeur peut s’élargir et un ordre peut être exécuté à un prix différent de celui attendu. Toute forte hausse n’est pas forcément un squeeze. Les rachats des vendeurs à découvert peuvent n’être qu’une cause parmi d’autres.
Calcul
Un short squeeze est un événement, et non un indicateur doté d’une formule universellement reconnue. Le nombre de jours pour couvrir (days to cover) est une mesure de la pression potentielle :
Nombre de jours pour couvrir (jours de bourse) = nombre d’actions vendues à découvert (actions) / volume quotidien moyen (actions par jour de bourse)
- Le nombre d’actions vendues à découvert correspond au nombre déclaré d’actions faisant l’objet de positions vendeuses ouvertes à une date de déclaration donnée.
- Le volume quotidien moyen correspond au nombre moyen d’actions échangées par jour de bourse sur une période définie.
- Le nombre de jours pour couvrir est le ratio obtenu, exprimé en jours de bourse. Il ne s’agit ni d’un délai ni d’une prévision du temps nécessaire pour dénouer les positions.
Les données sur les positions vendeuses peuvent être anciennes, et le volume moyen peut ne pas refléter les échanges pendant un squeeze. Ce ratio ne permet pas de savoir pourquoi les vendeurs à découvert pourraient dénouer leurs positions ni quelle serait l’ampleur de la variation du cours.
Exemple détaillé
Les chiffres ci-dessous sont hypothétiques. Supposons qu’une action cote 20 $ US, que 2 000 000 d’actions aient été vendues à découvert et que le volume moyen soit de 500 000 actions par jour sur la période considérée.
- Calcul du nombre de jours pour couvrir :
2 000 000 actions / 500 000 actions par jour de bourse = 4 jours de bourse. - Supposons qu’un vendeur à découvert ait emprunté puis vendu 100 actions à 20 \(US, encaissant 2 000\) US avant frais et autres coûts.
- Si le cours monte à 30 \(US et que le vendeur rachète 100 actions pour clôturer sa position, l’achat lui coûte 3 000\) US. La position entraîne une perte de 1 000 \(US avant frais d’emprunt, commissions et autres coûts : `2 000\) US − 3 000 \(US = −1 000\) US`.
Cet achat ajoute une demande de 100 actions. Son incidence sur un éventuel squeeze dépend des autres échanges et de la liquidité disponible. Un délai de quatre jours pour couvrir ne signifie pas que le cours va monter, qu’un squeeze va se produire ni que le dénouement des positions prendra effectivement quatre jours.
Pourquoi est-ce important avant de passer un ordre ?
Une position vendeuse peut entraîner une perte supérieure au montant encaissé lors de la vente initiale, car le cours d’une action n’a pas de plafond fixe. Une hausse rapide peut aussi modifier les exigences de marge ou conduire un courtier à liquider de force une position. Pour les acheteurs comme pour les vendeurs, la rapidité des mouvements peut rendre l’exécution plus incertaine : les prix affichés peuvent changer avant la transmission de l’ordre, et l’écart acheteur-vendeur ou l’impact de marché peut être plus important que prévu.
Avant de passer un ordre, une vérification pré-trade permet de distinguer deux questions : Une pression liée au rachat de positions vendeuses est-elle possible ? et Quels pourraient être le coût ou le risque de cet ordre dans les conditions actuelles ? Le nombre de jours pour couvrir apporte un éclairage sur la première question, mais ne permet pas à lui seul de répondre à l’une ou l’autre. La liquidité, la taille de l’ordre par rapport au volume, la volatilité et les conditions d’exécution comptent également.
Comment PreTrAIde utilise cette notion
La documentation produit n’indique pas que PreTrAIde calcule les positions vendeuses, le nombre de jours pour couvrir ou la probabilité d’un short squeeze. L’analyse pré-trade de PreTrAIde évalue plutôt un panier d’actions constitué par l’utilisateur avant le passage d’un ordre. Son volet quantitatif estime l’écart, la part du volume quotidien représentée par l’ordre, l’impact de marché, la volatilité quotidienne et d’autres mesures de risque et de liquidité ; son volet IA prend en compte l’actualité récente de chaque valeur et les recommandations d’analystes, en complément des scores quantitatifs.
PreTrAIde fournit des verdicts GO, NO-GO ou MODIFY, accompagnés d’explications et d’une stratégie d’exécution suggérée. Il s’agit d’une aide à la décision, et non d’une confirmation qu’un squeeze est en cours ni d’une consigne de trading. PreTrAIde ne passe pas d’ordres ; les utilisateurs négocient par l’intermédiaire de leur propre courtier.
Erreurs fréquentes
- Considérer qu’un nombre élevé de jours pour couvrir prouve qu’un squeeze est imminent. C’est un ratio historique, pas un déclencheur ni un signal de timing.
- Supposer que tout pic de cours est dû à des rachats de positions vendeuses. L’actualité et d’autres achats peuvent faire varier une action sans squeeze.
- Confondre positions vendeuses et volume des ventes à découvert. Les positions vendeuses correspondent aux positions ouvertes à une date de déclaration ; le volume des ventes à découvert mesure les ventes effectuées sur une période et ne révèle pas combien de positions restent ouvertes.
- Négliger les coûts d’exécution et le risque de perte. Sur un marché volatil, les écarts peuvent s’élargir et les ordres être exécutés à des prix très éloignés d’une cotation antérieure ; la perte potentielle d’une position vendeuse n’est pas plafonnée au produit de la vente.