Avant de courir après une action qui s’envole, fixez votre budget de slippage

Une action qui monte vite peut rester une mauvaise opération si le prix d’entrée consomme déjà l’avantage attendu. Un budget de slippage impose une analyse pré-trade du spread bid-ask, du carnet d’ordres, de la taille de position et du risque d’exécution avant de cliquer.

PreTrAIde Trading Strategies

Article rédigé à l'aide de l'IA.

Une action accĂ©lĂšre, le carnet bouge pendant que la dĂ©pĂȘche est encore ouverte, et le ticket d’ordre donne soudain l’impression d’ĂȘtre plus lent que le marchĂ©.

C’est prĂ©cisĂ©ment dans ce moment que la discipline d’exĂ©cution compte le plus. La question n’est pas seulement de savoir si l’histoire est intĂ©ressante. Elle est de savoir si l’on peut encore entrer Ă  un prix qui laisse intacte l’idĂ©e de trading.

Des titres rĂ©cents ont signalĂ© des mouvements brusques sur des valeurs d’Asie-Pacifique : HUTCHMED et Zijin Gold International ont Ă©tĂ© dĂ©crites comme en forte hausse, Geely Automobile comme en hausse, tandis que d’autres noms comme Ulvac et Aurizon reculaient fortement. D’autres titres mentionnaient aussi une progression des actions asiatiques, avec des marchĂ©s japonais et chinois toujours bien orientĂ©s et les valeurs technologiques au centre de l’attention. C’est typiquement le genre de marchĂ© qui attire vite les regards.

Mais l’information dĂ©cisive manque souvent : le spread bid-ask cotĂ© Ă  l’instant de l’ordre, la profondeur de marchĂ© disponible dans le carnet d’ordres, la taille de position envisagĂ©e, le prix moyen d’exĂ©cution probable et le slippage maximal encore acceptable. Sans ces Ă©lĂ©ments, un titre d’actualitĂ© n’est pas un trade. C’est seulement un signal pour lancer une analyse prĂ©-trade.

Le vrai risque n’est pas d’ĂȘtre en retard, mais de trop payer

Quand une action monte brutalement, le réflexe émotionnel consiste à se sentir en retard. Le mouvement semble partir sans vous. Ce cadrage pousse à privilégier la vitesse plutÎt que le prix.

Le risque le plus concret est pourtant de surpayer l’entrĂ©e.

Un ordre d’achat envoyĂ© dans un carnet peu profond et rapide peut ĂȘtre exĂ©cutĂ© Ă  un prix nettement moins bon que le prix affichĂ© quelques secondes plus tĂŽt. Cet Ă©cart, c’est le slippage en trading. Dans un marchĂ© calme, il peut ĂȘtre suffisamment faible pour passer inaperçu. Sur une action qui s’emballe, il peut devenir le coĂ»t principal de la dĂ©cision.

Une action peut continuer Ă  monter aprĂšs votre entrĂ©e et rester malgrĂ© tout une mauvaise exĂ©cution. Elle peut aussi se retourner aprĂšs une entrĂ©e techniquement dĂ©fendable et transformer une perte maĂźtrisable en perte plus lourde simplement parce que le prix d’exĂ©cution Ă©tait trop Ă©levĂ©. Le prix d’entrĂ©e n’est pas un dĂ©tail administratif. C’est le point de dĂ©part Ă©conomique du trade.

Les Ă©lĂ©ments disponibles dans les titres de marchĂ© ne donnent pas les variations exactes, les spreads en temps rĂ©el, les volumes au moment de l’entrĂ©e ni la profondeur du carnet pour un investisseur prĂ©cis. Ils ne disent pas non plus si le mouvement se poursuit sur de nouvelles informations ou s’il reflĂšte une rĂ©action intraday dĂ©jĂ  avancĂ©e. Cette incertitude ne doit pas ĂȘtre comblĂ©e par des suppositions. Elle doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e au plan d’ordre.

DĂ©finir le trade avant d’ouvrir le ticket d’ordre

MĂȘme une entrĂ©e rapide doit ĂȘtre dĂ©finie. Le minimum tient en quelques points :

  • la valeur traitĂ©e ;
  • la taille de position envisagĂ©e ;
  • le prix de rĂ©fĂ©rence utilisĂ© pour la dĂ©cision ;
  • le prix maximum acceptable Ă  l’achat ;
  • le slippage maximal acceptable, en montant et en pourcentage ;
  • le type d’ordre envisagĂ© ;
  • la condition qui transforme l’opportunitĂ© en non-trade.

Le prix de rĂ©fĂ©rence est central. Pour un ordre d’achat, il peut s’agir du meilleur prix vendeur visible au moment de la dĂ©cision, du milieu du spread bid-ask ou d’un autre repĂšre d’exĂ©cution utilisĂ© de façon cohĂ©rente par le trader. Le repĂšre exact compte moins que le fait de le noter avant l’envoi de l’ordre.

Sans prix de référence, le slippage devient une impression. Avec un prix de référence, il devient mesurable.

Prenons le cas d’un trader qui observe une action dĂ©crite comme en forte hausse dans les dĂ©pĂȘches. L’idĂ©e peut ĂȘtre valide : momentum, catalyseur, mouvement sectoriel ou nouvelle lecture de la valeur. Les informations disponibles ici ne permettent pas de trancher la cause, ni de connaĂźtre les conditions d’exĂ©cution en direct. Le trade doit donc rester conditionnel. Si l’entrĂ©e impose de traverser un spread trop large, d’absorber trop de profondeur ou d’accepter un impact de marchĂ© trop Ă©levĂ©, l’histoire attractive ne suffit pas.

C’est l’utilitĂ© du budget de slippage.

Fixer un budget de slippage en montant et en pourcentage

Un budget de slippage correspond au coĂ»t d’exĂ©cution maximal tolĂ©rĂ© avant que le trade ne soit plus acceptable. Il doit ĂȘtre exprimĂ© Ă  la fois en montant, dans la devise de cotation, et en pourcentage, car les deux lectures ne signalent pas les mĂȘmes problĂšmes.

La lecture en montant rĂ©pond Ă  une question simple : quelle valeur est perdue Ă  l’entrĂ©e si l’exĂ©cution est moins bonne que le prix de rĂ©fĂ©rence ?

Pour un ordre d’achat :

slippage par action = prix d’exĂ©cution - prix de rĂ©fĂ©rence

slippage total = slippage par action × nombre d’actions exĂ©cutĂ©es

La lecture en pourcentage rĂ©pond Ă  une autre question : quelle part de la thĂšse de trading est consommĂ©e par l’exĂ©cution ?

slippage en % = slippage par action ÷ prix de référence

Aucun seuil prĂ©cis ne ressort des informations disponibles, et il ne faut pas en inventer. Le trader doit fixer ce seuil Ă  partir de l’avantage attendu, de l’horizon de dĂ©tention et de la volatilitĂ© habituelle du titre. Un trade trĂšs court terme tolĂšre gĂ©nĂ©ralement moins bien une mauvaise exĂ©cution qu’une position plus longue, parce que le mouvement visĂ© est plus limitĂ©. Une action trĂšs volatile peut rendre un ordre limite serrĂ© plus difficile Ă  exĂ©cuter, mais cela ne rend pas un slippage illimitĂ© acceptable.

Ce budget doit ĂȘtre dĂ©fini avant que le ticket d’ordre ne soit actif. S’il est ajustĂ© aprĂšs avoir vu le prix monter, il a tendance Ă  gonfler avec la peur de rater le mouvement.

Il doit aussi porter sur la taille de position complÚte. Une petite exécution partielle à un bon prix peut masquer le vrai problÚme si compléter la position impose ensuite de payer des niveaux nettement plus hauts. Le coût du trade est le coût de la position voulue, pas la meilleure exécution obtenue sur le premier morceau.

Comparer spread, profondeur et volume Ă  la taille de position

Le spread bid-ask est le premier coĂ»t visible. Si l’écart entre acheteurs et vendeurs est dĂ©jĂ  large avant l’envoi de l’ordre, le trade commence avec un obstacle plus Ă©levĂ©. Sur une action en accĂ©lĂ©ration, le spread peut s’élargir parce que les apporteurs de liquiditĂ© sont moins disposĂ©s Ă  rester exposĂ©s lorsque la volatilitĂ© augmente.

La profondeur de marchĂ© est le contrĂŽle suivant. Le meilleur prix vendeur peut ne proposer qu’un nombre limitĂ© de titres. Le niveau suivant peut ĂȘtre plus haut, puis le suivant encore plus haut. Un ordre au marchĂ© Ă  l’achat peut traverser ces niveaux si le volume disponible au meilleur prix est infĂ©rieur Ă  la taille de l’ordre. Le trader pense acheter sur une cotation, mais reçoit un prix moyen d’exĂ©cution qui reflĂšte plusieurs niveaux du carnet d’ordres.

Le volume moyen donne du contexte, mais il ne suffit pas. Une action peut afficher une liquiditĂ© correcte en moyenne et prĂ©senter une faible profondeur au moment prĂ©cis de l’entrĂ©e. À l’inverse, un pic de volume en ouverture peut donner l’impression d’un marchĂ© liquide alors que le carnet reste mince au-delĂ  du premier niveau.

Le taux de participation relie la taille de l’ordre aux conditions du marchĂ©. Il compare l’ordre envisagĂ© Ă  l’activitĂ© rĂ©ellement disponible. Les informations de dĂ©part ne donnent ni la taille de position du lecteur, ni le volume Ă©changĂ© en temps rĂ©el, ni la profondeur affichĂ©e. Elles ne permettent donc pas de dire si un ordre donnĂ© est modeste ou agressif. Ce contrĂŽle doit se faire au moment de trader.

La question pratique n’est pas de savoir si l’action est liquide en gĂ©nĂ©ral. Elle est de savoir si la liquiditĂ© de l’action est suffisante, maintenant, pour l’ordre envisagĂ©.

Estimer l’impact de marchĂ© avant de choisir le type d’ordre

L’impact de marchĂ© est le coĂ»t créé par l’ordre lui-mĂȘme. Dans un marchĂ© rapide, la frontiĂšre entre coĂ»t de spread et coĂ»t d’impact peut devenir floue. Traverser le spread est un coĂ»t. Consommer plusieurs niveaux du carnet en est un autre. Signaler une demande rĂ©pĂ©tĂ©e et visible peut en ajouter un troisiĂšme.

Un ordre au marchĂ© privilĂ©gie l’exĂ©cution au dĂ©triment du contrĂŽle du prix. Il peut se dĂ©fendre lorsque la certitude d’ĂȘtre exĂ©cutĂ© vaut plus que la prĂ©cision du prix, mais le seuil est Ă©levĂ© sur une action qui s’envole avec une profondeur incertaine. Si le carnet est mince, un ordre au marchĂ© peut transformer une bonne idĂ©e en mauvaise entrĂ©e trĂšs rapidement.

Un ordre limite privilĂ©gie le prix au dĂ©triment de la certitude d’exĂ©cution. Il dĂ©finit le pire prix acceptable pour un achat. C’est donc un outil naturel pour faire respecter un budget de slippage. La contrepartie est Ă©vidente : l’ordre peut ne pas ĂȘtre exĂ©cutĂ©, ou ne l’ĂȘtre que partiellement, si le marchĂ© continue de monter.

Ce n’est pas un Ă©chec de l’ordre limite. C’est le budget qui joue son rĂŽle.

Reste la possibilitĂ© d’entrer par Ă©tapes. Une entrĂ©e fractionnĂ©e peut rĂ©duire le risque de payer plusieurs niveaux d’un coup et permet d’observer si la liquiditĂ© se reconstitue ou disparaĂźt. Elle ne supprime pas le risque d’exĂ©cution. Elle peut encore conduire Ă  courir aprĂšs le titre si chaque tranche est relevĂ©e sans discipline. Le fractionnement n’aide que si chaque partie reste dans le budget de slippage fixĂ© Ă  l’avance.

Les informations disponibles ne permettent pas de dire si, sur une valeur nommĂ©e, le meilleur choix serait un ordre au marchĂ© immĂ©diat, un ordre limite, une entrĂ©e progressive ou l’absence de trade. La bonne rĂ©ponse dĂ©pend du spread en direct, de la profondeur, de la volatilitĂ© du prix et de la taille de position.

Entrer, fractionner, attendre ou passer

Un budget de slippage est utile parce qu’il transforme une dĂ©cision floue en quelques choix d’exĂ©cution.

Si le spread affichĂ© est acceptable, si le carnet offre assez de profondeur prĂšs de la meilleure offre et si la position complĂšte peut probablement ĂȘtre exĂ©cutĂ©e dans le budget, l’entrĂ©e peut ĂȘtre envisageable aux conditions dĂ©finies Ă  l’avance.

Si la premiĂšre partie de l’ordre peut ĂȘtre exĂ©cutĂ©e dans le budget mais que la position complĂšte risque de dĂ©placer le prix, une entrĂ©e par Ă©tapes peut ĂȘtre plus propre. Le trader accepte alors que la position totale dĂ©pende de la liquiditĂ© disponible, pas de son envie de participer au mouvement.

Si l’idĂ©e reste intĂ©ressante mais que le spread est large, que la profondeur est faible ou que la volatilitĂ© fait sauter la cotation, attendre peut ĂȘtre une vraie dĂ©cision d’exĂ©cution. Attendre n’est pas abandonner la thĂšse. C’est refuser de laisser le marchĂ© imposer le prix sans limite.

Si le prix d’exĂ©cution nĂ©cessaire est dĂ©jĂ  hors budget, la dĂ©cision la plus nette est de passer. C’est le scĂ©nario le plus difficile lorsque l’action continue de monter. Mais un processus qui ne fonctionne que s’il capture tous les mouvements n’est pas un processus d’exĂ©cution. C’est une rĂ©action au prix.

Le marché ne doit pas une deuxiÚme chance. Il ne doit pas non plus une premiÚre entrée équitable.

Une checklist de marché rapide avant de cliquer sur acheter

Une checklist n’est utile que si elle reste assez courte pour ĂȘtre utilisĂ©e pendant que le titre bouge.

  • Quel est le prix de rĂ©fĂ©rence pour mesurer le slippage ?
  • Quel est le prix maximum autorisĂ© par le budget de slippage ?
  • Quel est le spread bid-ask maintenant ?
  • Quelle profondeur de carnet est visible au meilleur prix vendeur et autour de ce niveau ?
  • Comment la taille de position envisagĂ©e se compare-t-elle au volume disponible et Ă  l’activitĂ© actuelle ?
  • Le taux de participation est-il raisonnable au regard de la liquiditĂ© disponible Ă  cet instant ?
  • Quel impact de marchĂ© peut apparaĂźtre si l’ordre traverse plusieurs niveaux ?
  • Un ordre au marchĂ© est-il justifiĂ©, ou un ordre limite reflĂšte-t-il mieux le budget ?
  • En cas d’exĂ©cution partielle, le solde reste-t-il valable Ă  des prix plus Ă©levĂ©s ?
  • Quelle condition transforme ce trade en non-trade ?

La derniĂšre question est celle qui Ă©vite le plus de dĂ©gĂąts. Un trader qui n’a pas dĂ©fini sa condition de non-trade avant d’ouvrir le ticket d’ordre risque de la redĂ©finir aprĂšs un nouveau mouvement de prix.

Revoir l’exĂ©cution pour amĂ©liorer le prochain ordre

L’exĂ©cution doit ĂȘtre revue tant que le trade est encore frais. Non pour chercher un coupable, mais pour amĂ©liorer le prochain ordre.

La revue commence par le prix de rĂ©fĂ©rence notĂ© avant l’ordre. Il faut le comparer au prix d’exĂ©cution rĂ©el. En cas d’exĂ©cution partielle, le prix moyen d’exĂ©cution doit ĂȘtre comparĂ© au budget prĂ©vu pour la position complĂšte. Une bonne exĂ©cution partielle suivie d’un complĂ©ment coĂ»teux n’est pas forcĂ©ment une bonne exĂ©cution.

Il faut ensuite revenir aux conditions du carnet d’ordres. Le spread Ă©tait-il plus large que d’habitude ? La profondeur visible a-t-elle disparu ? La taille de l’ordre demandait-elle plus de liquiditĂ© que prĂ©vu ? Le type d’ordre choisi correspondait-il au risque d’exĂ©cution, ou a-t-il laissĂ© trop de contrĂŽle au marchĂ© ?

Les informations disponibles ne permettent pas de rĂ©pondre Ă  ces questions pour HUTCHMED, Zijin Gold International, Geely Automobile ou toute autre valeur mentionnĂ©e. C’est prĂ©cisĂ©ment le point. Un titre d’actualitĂ© peut signaler un mouvement. Il ne peut pas dĂ©terminer si un ordre prĂ©cis Ă©tait bien exĂ©cutĂ©.

Un budget de slippage ne rend pas une action en forte hausse sans risque. Il fait quelque chose de plus limitĂ© et de plus utile : il fixe la concession maximale de prix avant que le trade cesse d’en valoir la peine. Dans un marchĂ© rapide, cette frontiĂšre fait souvent la diffĂ©rence entre participer Ă  un mouvement et payer trop cher le privilĂšge d’arriver aprĂšs les autres.

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